Mercredi 28 octobre 2009
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Francis Evrard comparaît depuis le début de la semaine devant la cour d’assises du Nord pour avoir enlevé, kidnappé et violé le petit Enis, 5 ans, à Roubaix, le 15 août 2007. Quelques
jours plus tôt, il avait été libéré, après 18 ans de prison pour des faits similaires.
Il avait aussi
été condamné pour des viols en 1973, des attouchements sexuels en 1984 et un viol en 1987. À chaque fois sur des mineurs.
Dans notre France, patrie auto-proclamée des droits de l’homme, on s’attendait à ce qu’un Ministre en exercice à la tête d’une cohorte d’artistes connus, ne s’émeuve et lui trouve toutes les
circonstances atténuantes.
Francis Evrard n’en manque pas : tous ses autres actes répréhensibles ne se sont-ils pas déroulés il y a bien longtemps ? Monsieur Evrard n’a-t-il pas déjà passé plus de trente ans en prison ? Ne
déclare-t-il pas avoir déjà oublié ce qu’il a fait ? Qu’il n’est plus tout à fait certain de ce qu’il a avoué ? N’a-t-il pas lui-même été victime de viols dans sa jeunesse ? Sa vie n’a-t-elle pas
été qu’un long fleuve de déboires ? Enfin, on en passe et on en oublie, de toutes ces sortes de choses qui font conclure à certains que c’est la société qui, par ses dysfonctionnements, produit des
monstres comme boucs émissaires, évitant ainsi de se réformer trop profondément.
Bref, un Francis Evrard n’est somme toute qu’un malheureux et les véritables responsables ne sont autres que vous et moi, car qui d’autre peut bien être cette « société », toujours et encore cause
de tout ?
Seulement, Francis Evrard n’est pas Roman Polanski, il ne fait pas parti de la « France d’en haut », seulement des « tribunaux de là-bas ».
les parents et amis des victimes ont toujours apprécié le sourire de Badinter
Alors, seul l’avocat Robert Badinter, revenu d’entre les retraités, s’indigne ! Non des actes de monsieur Evrard, mais de sa demande détestable… de réclamer dans une lettre adressée à Nicolas
Sarkozy, une « castration physique » pour en finir avec ses démons.
C’en est trop pour Me Badinter qui a aussitôt estimé (sur
Europe 1) que «
ce n’est pas à monsieur Evrard de dicter à la justice et aux autorités judiciaires françaises ce qu’il doit
advenir. »
Ancien Ministre dont le haut fait d’armes restera d’avoir fait abolir la peine de mort en 1981, voilà un nouveau cheval de bataille inespéré pour le tirer de l’oubli et relancer son
incessant combat en faveur des criminels. Il y mettra sans nul doute tout son talent qui est grand et l’on ne pourra, une fois de plus, que regretter qu’il n’en déploie pas autant envers leurs
victimes.
Avec l'aimable concours de Philippe Randa.
http://www.philipperanda.com