Vendredi 11 septembre 2009
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BOULA-MATARI HORTEFEUX
On reparle encore de faire interdire l’album BD Tintin au Congo. Bienvenu Mbutu Mondondo, Belge d’origine congolaise, dénonce depuis des années son « caractère raciste et xénophobe
» et intente une nouvelle procédure, soutenu par le Conseil représentatif des associations noires (Cran) dont le directeur Patrick Lozès – bien qu’opposé à une interdiction – exige de l’État «
qu’il s’exprime sur cette question au nom des valeurs d’égalité de la République ». Rien de moins.
Et à défaut d’interdiction, il demande à Moulinsart, société qui gère les droits d’Hergé, qu’on ajoute un préambule « afin d’expliquer aux plus jeunes son contexte historique » et « pour
rappeler, notamment à l’intention du jeune public, que cet album est à lire avec la distance nécessaire à toute caricature »… un peu comme pour Mein Kampf d’Adolf Hitler, en vente en
France depuis 1934, mais assorti, depuis un arrêt du 11 juillet 1979, d’un texte de huit pages mettant en garde le lecteur sur son contenu.
Hergé-Adolf Hitler, sinon même combat, en tout cas même place réservée donc dans l’enfer de toute bibliothèque suspecte.
La discrimination raciale est pour certains bien pire que la grippe cochonne H1N1. Logique, tout à chacun ne risque-t-il pas de tomber dans une de ses innombrables chausse-trappes ? Celle de
l’humour n’étant pas la moins dangereuse.
L’actuel Ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux vient d’en faire les frais. Depuis le campus de l’UMP samedi dernier, il essuie les tirs croisés de ses adversaires politiques qui exigent
ni plus ni moins que sa démission.
Pris tout sourire en photo avec Amine Benalia-Brouch, jeune militant UMP d’origine fort peu gauloise, on l’entend dire : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en
a beaucoup qu’il y a des problèmes. » Paroles aussitôt dénoncées comme d’un « racisme banal, bête et méchant » qui ont émus Benoît Hamon et Martine Aubry, successivement première
secrétaire et porte-parole du PS, Jean-Luc Mélenchon du Parti de gauche et Olivier Besancenot du NPA.
Ces mêmes qui n'avaient pas réagi quand au mois juin dernier Manuel Valls demandait que l'on rajoute "quelques blancs, quelques white, quelques blancos" aux
participants à une brocante de sa ville d'Evry (Essonne) Le responsable socialiste a fait cette déclaration alors qu'il se promenait dans une brocante de sa ville devant l'objectif d'une
caméra de Direct8. Nouvel exemple d'une grande gueule politique piégée par un micro indiscret, tout cela ne fait que commencer, tout le monde est maintenant équipé de son portable avec caméra, les
pires saloperies sont à venir...
Manuel Valls, maire socialiste d'Evry: rajouter quelques blancos ...
En revanche, toute cette brochette si mal intentionnées à son encontre, ne se sont pas émus de la défense de l’intéressé qui se justifie en indiquant qu’il faisait référence non aux Arabes, mais…
aux Auvergnats.
Étant lui-même de cette origine, il ne peut donc y avoir racisme. CQFD. À moins, bien sûr, que la discrimination envers un Auvergnat ne puise bénéficier pour certains obsédés de la discrimination
de la même compassion. On ne voit pourtant pas pourquoi l’humour, fut-il drôle ou non selon affinités, serait odieux dans un cas ethnique et pas dans l’autre.
En tout cas, s’il y en a qui se réjouit des soucis du Ministre de l’Intérieur, c’est bien l’ancien préfet Paul Girot de Langlade, accusé d’avoir tenu des propos racistes lors d’un contrôle à un
aéroport. Mis à la retraite justement par Brice Hortefeux, il fait ses gorges chaudes de l’affaire et demande, fort logiquement, que ce dernier soit soumis à la même sanction.
« Comme ça, on s’ra deux et comme il habite à côté de chez moi, on pourra faire du bridge. »
À moins qu’on exige bientôt que Boula-Matari Hortefeux(1) arbore dans ses déplacements publics une pancarte « pour rappeler, notamment à l’intention du jeune et moins jeune public, que son humour
est à écouter avec la distance nécessaire à toute caricature »…
NOTE
(1) Dans Tintin au congo, Tintin est appelé deux fois « Boula-Matari » (briseur de rocher), surnom donné par les indigènes en signe de déférence et de respect à l’explorateur anglais
Sir Henry Morton Stanley.
Avec l'aimable concours de Hergé et de Philippe Randa.
http://www.philipperanda.com
Par LAVACHE
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