Dimanche 22 juin 2008
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Les consommateurs ont un rôle à jouer pour aider à sauver le thon rouge : il suffit d'arrêter d'en acheter.
Les pêcheurs français, italiens , espagnols, grecs, chypriotes et maltais refusent d'appliquer la directive de Bruxelles interdisant la pêche au thon rouge en Méditerranée.
Michel Barnier, ministre de l'Agriculture et de la Mer, se démène pour protéger
ses pêcheurs français
Il a confirmé à Luxembourg
qu'un désaccord de fond subsistait avec la Commission sur les conditions dans lesquelles la pêche de thon rouge a été soudainement interdite. Selon lui, les
quotas ne sont pas atteints, mais il devrait savoir que tous les pêcheurs trichent et ne déclarent pas la totalité de leur pêche.
Michel Barnier
photo AFP
La forte demande de thon rouge aux Etats-Unis et au Japon, principalement pour la fabrication de sushi fragilise la survie de l'espèce.
Un effort d'autant moins contraignant qu'on peut le remplacer par du thon albacore. Pêché dans l'océan Indien, où l'espèce n'est pas en danger, il présente un excellent rapport
qualité/prix.
Évitez surtout les longes de thon de couleur rouge foncé que l'on trouve actuellement sur le marché. La chair rouge fluo en surface et brune à l'intérieur dénote un traitement au monoxyde de
carbone, un moyen totalement interdit de fixer la couleur.
Puisque les pouvoirs publics ne peuvent pas garantir la survie du thon rouge, menacé par la pêche excessive, c'est à la grande distribution et aux consommateurs de prendre les choses en main en
boycottant ce produit. Tel est le message du Fonds mondial pour la nature (WWF), qui appelle les distributeurs
"du monde entier" à suivre les décisions
"courageuses"d' Auchan en
France, et de Coop et Carrefour en Italie, qui ont décidé de stopper la commercialisation de cette espèce.
La disparition du thon rouge pourrait intervenir d’ici 3 à 5 ans. La lutte n’est plus égale entre l’industrie de la pêche et les thons. Aujourd’hui, les thoniers sont aidés, de façon illégale, par
des avions qui sont chargés de repérer les bancs de thons.
"Les scientifiques les plus optimistes affirment que les réserves ne dépassent pas une dizaine d'années", affirme le WWF. Malgré les recommandations des experts, les quotas de pêche,
négociés au niveau international, sont fixés à des niveaux trop élevés, sous l'effet de la forte demande japonaise, qui achète 85 % de la production mondiale pour la fabrication des sushis. De
plus, les quotas sont systématiquement dépassés par les pêcheurs. Selon les écologistes, seule une
"prise de conscience" des distributeurs et consommateurs dans tous les pays concernés
peut inverser la tendance.
Qui peut encore acheter du thon rouge ? Son coût a été multiplié par 3 en 5 ans, d'ailleurs la courbe de sa valorisation ressemble étrangement à celle du pétrole !