Jeudi 10 avril 2008
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Comme dans les années 1970 où la jeunesse vouait un culte sans bornes à Ché Guévara, sans imaginer un seul instant qu'il avait trucidé de ses propres mains
pas mal de ses congénères, l'intelligentsia en mal de repères se tourne aujourd'hui vers le Dalaï Lama.
Les récents évènements autour des manifestations au Tibet et du parcours de la flamme olympique ont ouvert un boulevard à tous les adeptes de la pensée bouddhiste et
de "l'art de vivre tibétain".
A en croire la plupart des relais d'opinion les tibétains seraient des doux non-violents et les chinois de monstrueux envahisseurs fusillant à tour de bras.
La vérité est-elle aussi simpliste ?
De tous temps les tibétains ont vécu replié sur eux-mêmes et exerçaient une farouche défense contre toute intrusion étrangère. Les traîtres soupçonnés d'avoir facilité l'entrée de Lhassa à de
paisibles voyageurs ou a quelques explorateurs étaient impitoyablement châtiés: amputations et énucléations. La cécité était provoquée par un fer chauffé au rouge ou en versant de l'huile
bouillante dans les orbites.
Il est faux de faire croire que les chinois ont "envahi" le Tibet en 1959.
Bien avant, en 1421, la plus haute autorité religieuse tibétaine a rencontré à Wuwei, dans la province du Gansu, le petit-fils de Gengis Khan, Kubilai Khan.
Un accord a été signé et tibétains et mongols ont dirigé la Chine pendant plus d'un siècle.
Jusqu'en 1949, le Tibet était gouverné par le dalai-lama et le gouvernement tibétain, parfois en tant que chef d'État, parfois en tant que vassal de l'empereur de Chine.
Au 19 ème siècle une situation de concurrence se développe entre la Russie et la Grande Bretagne. Cette dernière cherchant à contrôler le Tibet depuis l'Inde et la Russie cherchant à
maintenir sa domination sur l'Asie Centrale.
A l'époque, les tibétains ont trouvé alors très astucieux de se placer eux-mêmes sous la domination des Chinois afin de ne pas avoir à négocier avec tel ou tel et de protéger ainsi leur
inaccessibilité.
L'art de vivre tibétain: 95 % des serfs s'escriment pour 5% de fainéants passant leur temps à prier !
Sur le plan religieux, le Dalaï Lama régnait en maître absolu avec un système d'exploitation féodal basé sur la propriété des domaines seigneuriaux.
Les propriétaires étaient des nobles, des fonctionnaires, les monastères et leurs représentants, soit 5% de la population, exploitant les 95% de la population en servage.
Les moines étaient de grands propriétaires terriens. Parmi les plus grands monastères il fallait noter celui de Zhebang, ainsi que ceux de Sera et de Gangan, tous situés à Lhassa et possédant 321
manoirs, un millier d'hectares de terres cultivables, 26 pâturages, une centaine de milliers de bestiaux, et 40.000 serfs.
Au début de la dynastie Qing, la décomposition des propriétaires terriens était de l'ordre de 30% aux nobles, 40% aux monastères et lamas de haut rang, 30% aux autorités régionales.
Les fonctionnaires du gouvernement, possédaient terres, pâturages et manoirs.
Une grande partie de ces biens servaient à entretenir le Dalaï Lama.
Une petite partie des terres seulement était distribuée aux serfs qui les cultivaient et payaient ensuite des redevances aux fonctionnaires, devenus des aristocrates anoblis, ainsi qu'aux membres
des familles du Dalaï Lama et des Baingen Lamas.
Il y eut jusqu'à 400 familles nobles à cette époque.
serfs mutilé d'un pied par leur maître
Les évènements de 1959...
Entre 1955 et 1956 une équipe de chercheurs anglo-américains découvre dans le massif tibétain de l'himalaya, un gisement d'uranium phénoménal.
En 1959, lorsque ces « étrangers » ont voulu l'exploiter, MAO Zedong a immédiatement réagi en envoyant l'armée. Ces troupes n'ont pas fait dans la dentelle et de nombreuses exactions se sont
produites:
monastères détruits, moines abattus et des civils massacrés.
Le Dalaï Lama s'enfuit dès l'arrivée des troupes, emmenant avec lui sa suite, les nobles seigneurs et autres riches fonctionnaires, emportant avec eux les richesses accumulées.
la fuite du Dalaï Lama
...et ceux d'aujourd'hui.
Comme dans les années 1970 où la jeunesse vouait un culte sans bornes à Ché Guévara, sans imaginer un seul instant qu'il avait trucidé de ses propres mains pas mal de ses congénères,
l'intelligentsia en mal de repères se tourne aujourd'hui vers le Dalaï Lama.
Il est évident que les chinois ont voulu appliquer au Tibet le même système communiste autoritaire que sur les autres provinces. Là, la greffe n'a pas prise, ils ont voulu enlever ce qui étaient le
plus cher aux tibétains: la liberté de culte
Personne ne remet en cause la légitimité du Dalaï Lama, il est accueilli en messie en occident...surtout en occident... ses moines, réfugiés en Inde ou restés au Tibet pratiquent leur
religion (à la différence des autres provinces chinoises) surtout le Dalaï Lama lui-même vient de se fendre d'un communiqué soutenant le gouvernement chinois et exortant les officiels étrangers à
ne pas boycotter la cérémonie d'ouverture des J.O.
Ne soyons pas plus royalistes que le Lama et cessons cette mascarade, vous avez voulu les jeux en Chine, vous les avez.
Assumez maintenant.